Ces jeunes boisements denses et variés inspirés par la permaculture et l’agroforesterie séduisent un nombre croissant d’acteurs publics et privés. Les Journées de l’agroécologie y consacrent une conférence.
À Eysins (VD), la végétation dense et colorée d’un terrain de 3000 m2 tranche avec l’homogénéité des champs alentour. Il y a deux ans, le domaine de Sous-Cor a accueilli un projet inédit de jardin-forêt baptisé Eos, sur l’initiative d’Alicia Perego.
«Après la naissance de mon premier enfant, j’ai voulu me tourner vers un système de culture plus durable. J’ai été séduite par les vertus de cette démarche alternative, qui repose sur la permaculture et l’agroforesterie», raconte cette psychologue de formation qui a décidé de reprendre l’exploitation familiale. Pour réaliser ce projet, elle a répondu à un appel de l’association Jardin-Forêt Suisse, créée en 2022, qui assure la mise en place et l’entretien de ce type de parcelle.
Multiples strates
Justement, cet après-midi, son cofondateur Samuel Dépraz surveille les récentes boutures et le paillage déposé la veille au pied du ragouminier. Le long d’un chemin en copeaux, un cédrèle de Chine et un nectarinier étendent leurs jeunes branches, alors qu’un argousier et un chalef d’automne offrent leurs premiers fruits.
«L’idée est de recréer un jeune boisement avec une grande densité de plantes pérennes comestibles, organisé en plusieurs strates naturellement présentes dans la forêt, comme les arbres de canopée, les arbustes, les racines et les lianes. En tout, on retrouve plus de vingt familles de plantes, contre une seule généralement dans les vergers», explique le Vaudois, en croquant dans une feuille de sedum.
Grâce à cette diversité, cet écosystème est particulièrement résilient, assure-t-il. «Plus la structure est complexe, plus il y a d’interactions entre les différents éléments. Ainsi, elle résiste davantage aux perturbations extérieures, comme les sécheresses ou les maladies.»
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